De quand date le linceul de Turin ?

De quand date le linceul de Turin ? Est-il un « faux médiéval » ? Comment estimer sa date avec fiabilité, en toute rigueur scientifique et historique ? Que dire de la datation au Carbone 14 ?

L’affirmation, inlassablement répétée depuis vingt-cinq ans, selon laquelle il s’agit d’un « faux médiéval » vient d’un essai de datation au Carbone 14 réalisé en 1988, et qui avait situé le linceul dans un intervalle compris entre 1260 et 1390 (1). Malheureusement (pour leurs auteurs) ces tests se sont avérés sans valeur. On pouvait le subodorer a priori, compte tenu de la force des autres éléments de datation disponibles : l’existence du linceul est documentée dès 544, à Édesse, puis à Constantinople, de 944 à 1204 (2) ; par ailleurs, il est représenté sur une miniature hongroise — le « codex Pray » — datée des années 1190.

Mais la fausseté de cette datation au Carbone 14 s’est trouvée confirmée et archi-confirmée par des expertises scientifiques ultérieures…

Quatre choses à dire à ce propos :

  1. la technique de datation au Carbone 14, est en général peu fiable lorsqu’elle est appliquée à des tissus et autres matériaux susceptibles d’avoir été altérés et couverts de dépôts bactériens (4) :
  2. il a été démontré que, dans sa totalité, le linceul est particulièrement impropre à une datation au carbone 14, en raison des très importants dépôts de moisissures et de carbonate de calcium, qui faussent totalement les évaluations en chargeant le tissu en Carbone 14 ;
  3. en l’espèce et au surplus, le test au Carbone 14 a été effectué sur des parties rénovées du linceul (les échantillons avaient été prélevés sur la bordure, à l’endroit où l’on tenait le linceul pour lesexpositions (5) ;
  4. d’autres méthodes de datation beaucoup plus sûres pour ce genre de matériau existent : spectroscopie infrarouge, spectroscopie « Raman » et datation mécanique multiparamétrique, et elles ont été appliquées au linceul (en 2005, 2010 et 2013), dans un silence médiatique de plomb (6). Or elles concluent toutes à une origine compatible avec l’authenticité : entre 200 avant Jésus-Christ et 300 après Jésus-Christ.

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Autres éléments de ce dossier :

Notes

1. P.E. Damon et al., « Radiocarbon Dating of the Shroud of Turin », Nature, vol. 337 n° 6208, p. 611-615, février 1989

2. E. Poulle, « Le linceul de Turin victime d’Ulysse Chevalier », Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 92, 2006, p. 343-358.

3. Sur ce genre d’objet, les résultats sont totalement erratiques. Les archéologues sont habitués : dnombreux objets dont on connaît la date de fabrication ont été datés de manière aberrante par des tests au C

4. L. Garza-Valdès, F. Cervantes-Ibarrola, « Biogenic Varnish and the Shroud of Turin », Actes du Symposium scientifique international du C.I.E.L.T., Paris, François-Xavier de Guibert, 1995.

5. R. N. Rogers, « Studies on the Radiocarbon Sample From the Shroud of Turin », Thermochimica Acta, vol. 425, 2005, P. 189-194.

6. G. Fanti, La Sindone : primo secolo dopo Christo, Rome, Ed. Segno, 2014. Et, pour les détails : G. Fanti, P. Baraldi, R. Basso, A. Tinti, « Non-destructive dating of ancient flax textiles by means of vibrational spectroscopy », Vibrational Spectroscopy (2013) ; G. Fanti, P. Malfi, « A New Cyclic-Loads Machine For The Measurement Of Micro-Méchanical Properties of Single Flax Fibers Coming From The Turin Shroud », Turin, AIMETA Congress, 2013 ; G. Fanti, P. Malfi, « Multi-parametric micro-mechanical dating of single fibers coming from ancient flax textiles », Textile Research Journal (2013), SAGE Pub.

Pour aller plus loin : lire aussi Le linceul à l’épreuve du Carbone 14

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