Que montre le linceul de Turin ?

Que montre le linceul de Turin ? Quelles observations scientifiques et historiques pouvons-nous faire ?

Commençons par les faits : le linceul est une pièce de lin typique de l’époque du Christ, et tout à fait conforme aux tissus utilisés pour les linceuls de la classe favorisée (n’oublions pas que c’est un homme riche, Joseph d’Arimathie, membre du Sanhédrin, qui s’est occupé de l’enterrement). Elle est maculée de sang et porte des ombres qui dessinent la silhouette très floue d’un homme nu, allongé, les mains croisées.

Mais lorsqu’on regarde un négatif photographique du linceul, on a la surprise de voir apparaître la même silhouette, beaucoup plus nette, avec plus de détails et un fort effet de relief, comme s’il s’agissait d’une photo en positif.

Analysée par des médecins légistes, des physiologistes, des chimistes, des cristallographes et des botanistes, le linceul nous apprend les choses suivantes :

  • l’image est celle d’un homme de type sémite, au nez long, barbu et chevelu, mesurant environ 1,
    78 mètres, âgé de 30 à 35 ans

    Le flagrum taxilatum

    Le flagrum taxilatum

  • au niveau des pieds et des poignets, l’image montre des traces de perforation (on notera au passage que les représentations médiévales du Christ en croix plaçaient les perforations au centre de la paume des mains, et non au niveau des poignets — mais on sait maintenant que les Romains plaçaient les clous au niveau des poignets)
  • elle présente aussi les traces d’une multitude de piqûres sanguinolentes tout autour du crâne
  • les marques d’une flagellation très violente des épaules et des jambes (semblables à celles qu’aurait pu laisser le fouet spécifique de l’armée romaine : le flagrum taxilatum (photo ci-contre) qui comporte deux petites billes de métal au bout des lanières), des coups au visage et une perforation profonde au niveau du poumon droit (ayant la forme de la lancea romaine).
  • d’après l’autopsie, le sang qui macule le linceul présente un excès de bilirubine, caractéristique des organismes qui éprouvent des souffrances très intenses.
  • d’après les experts, l’état du linceul permet d’affirmer que s’il a contenu un corps, ce dernier n’y est pas resté plus de quarante heures : mais chose étrange, la surface de l’étoffe ne présente aucune trace d’arrachement.
  • le tissu contient aussi des traces de différents pollens, difficilement trouvables ailleurs qu’en Palestine et des poussières minéralogiques caractéristiques de Jérusalem.

 

Une drôle d’image ? Que montre-t-elle ?

Ce n’est pas tout : les chercheurs se sont aussi intéressés aux caractéristiques techniques de l’image. On montre qu’elle résulte d’une simple déshydratation et oxydation de la cellulose du lin. Aucune peinture, aucun solvant, aucun enduit n’a été retrouvé. Les zones ombrées qui forment l’image n’ont pas de contour net, pas de tracé, pas de « directionnalité » (pas de coups de pinceaux) et la coloration n’a pas pénétré profondément dans l’étoffe.

En outre, l’image ne présente pas de « déformation panoramique », ce qui arrive lorsqu’on applique un tissu sur un visage pour prendre une empreinte par contact ; l’image a été comme projetée perpendiculairement sur le tissu, comme si le linceul avait été tendu. Face au corps, à la manière d’une plaque photographique.

Une empreinte sur le tissu qui correspond à la projection d’un corps en apesanteur, qui serait faite sans déformation, sur une surface plane horizontale, comme si le linceul flottait en l’air.

Pour les experts, cette particularité montre qu’il s’agit d’une image « tridimensionnelle » : car, en partant du principe que l’intensité de l’oxydation est inversement proportionnelle à la distance entre le tissu et le corps, on peut traiter l’image comme un code pour reconstituer le visage et le corps en relief. Les résultats sont alors saisissants !

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